Jeudi 27 avril, au cœur de son exposition – ‘Le Sacro Monte di Orta’ – installée au Vieux Bassin (NDLR : Voir article ICI], Christian Ramade était invité par Phocal pour parler de la photo. Comme l’intitulé de cette table ronde le sous-entendait – “La couleur tombée du ciel” – il fut question de couleur appliquée à la photo, mais il fut aussi question, et assez largement, de l’expérience du locuteur, de ses expérimentations, de ses choix, lui qui a fait des études médicales tout en se consacrant à la photographie. « Cela fait plus de soixante ans que je fais de la photo, bien ou mal, je n’en sais rien et cela m’importe peu, mais toujours avec passion et bonheur » …
… Quand il lui fallut faire des choix, il a pris l’option « de garder ce métier comme une passion, uniquement. De pouvoir faire la photographie que j’aime et qui m’intéresse ». C’était pour lui, « soit faire ce qui plait, ou faire ce que l’on veut et alors là c’est beaucoup plus agréable », ce qui n’exclut pas la nécessité d’être persévérant : « Quand on fait de la photo, on est obligé de s’intéresser aux autres médiums, à la musique, au cinéma, à la peinture… Ne pas hésiter à lire, à regarder ce que font les grands photographes, car c’est un tout ; C’est une culture qui permet d’aller plus loin dans la photographie ».
La photographie a besoin de lumière…
Pour le volet plus technique de son intervention, devant une trentaine d’auditeurs, diaporama à l’appui, Christian Ramade a parlé de la lumière en se référant à l’étymologie du mot d’origine grecque : phôtós (« lumière ») et gráphô (« écrire »), soit, littéralement, écrire avec la lumière. « La photographie se nourrit du réel… Elle a besoin de lumière… » explique-t-il. « La photographie est une empreinte » ajoute-il, « ce qui fait d’elle, le médium qui entretient les rapports les plus étroits et les plus ambigus avec le réel et c’est ce qui en fait toute sa force » et de poursuivre : « mais lors de l’acte photographique elle perd un paramètre important : la troisième dimension ».
A la recherche de la troisième dimension…
Ce sera ce dernier point qui fondera ensuite l’essentiel de son discours : « Le plus important dans une photographie, ce n’est pas ce qu’elle nous montre, mais ce qu’elle nous cache ». En déclinant les sujets tels que la perspective, les lignes directrices, la profondeur de champ, les couleurs chaudes, les couleurs froides… chaque point étant illustré par de nombreux exemples puisés dans ses propres productions, Christian Ramade va s’évertuer à ouvrir les voies pour « retrouver l’original perdu, c’est-à-dire retrouver la troisième dimension, par tous les moyens ».
Fin du cycle festif de printemps pour Phocal…
Cette soirée placée à 4 jours de la clôture de l’exposition citée en introduction, marquait la fin du cycle festif qui a mobilisé de nombreuses forces au sein de Phocal. Montage de l’exposition du Vieux Bassin, vernissage, permanences, installation de la foire photo [NDLR : Voir article ICI], la table ronde, démontage de l’exposition… on peut dire qu’en avril, il ne fallait pas perdre le fil. Voici le mois de Mai, et donc en Mai….
